Quand j’étais enfant, j’allais très souvent chez ma grand-mère, qui habitait une très grande maison. une fois là-bas, j’imaginais être dans un château, au moyen-âge. J’étais tour à tour, princesse, servante, gouvernante, bergère, ou fermière…J’étais prisonnière aimée d’un prince qui viendrait me délivrer, ou fille de mage possédant de mystérieux pouvoirs que je devais découvrir, ou franchir des épreuves pour les posséder. J’étais magicienne, princesse, ou fille perdue, d’une immense demeure hantée dont je devais m’échapper. Seule, je vivais des aventures extraordinaires, et quand mes cousins venaient me rejoindre, aux vacances, je les entrainais dans mon monde enchanté.

Ces nouvelles et ces contes, sont issus du monde de mon enfance, empreints de magie et de sortilèges. Du monde noir, celui des cauchemars et des rêves qui font pur et qui terrifient.

J’avais très souvent peur quand j’étais enfant, la nuit, le jour aussi. La peur faisait partie de mon univers. J’adorais avoir peur, tout comme je le redoutais, et cette alternance était délicieuse. La peur est un sentiment étrange, indissociable de l’enfance, il en scande les moindres instants. Enfant, il faut se battre contre ses peurs, tomber, se relever et perdre encore, pour triompher le jour qui vient, lorsque l’aube chasse les mauvais rêves. Je me suis promenée, pieds nus dans les dalles glacées de la maison de mes grands-parents, j’entends encore les ronflements sonores de mon grand-père, lorsque je m’approchais tout doucement de leur lit et que soudain me venait à l’esprit qu’ils pourraient être morts, malgré le vacarme nasal.

Alors ma grand-mère soudain s’éveillait et me demandait ce que je faisais au pied de son lit,  » pieds nus sur le carreau », et alors je savais que j’étais sauvée…

Ces histoires racontent ces heures noires où les cauchemars le disputent aux rêves et où l’aurore finit par chasser la nuit…

A l’enfant peureuse que j’étais et que vous êtes surement… par dessus les années

Bonne Lecture

BHP