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le blog de SarahlouP

les jours de pluie…derrière un nuage , parfois…

Un terrorisme de proximité ?

la guerre des étoiles demain ?
quel terrorisme pour demain ?

il y a quelques années, je me rappelle avoir pour blaguer traité mon mari d’autiste de proximité , j’étais ravie je venais d’inventer un concept..

Lorsque j’entends les médias utiliser à tort et à travers le terme « terrorisme de proximité  » je me demande de quoi il s’agit .

Lorsque j’ai commencé ce blog nous nous sommes dits avec quelques jeunes auteurs, que jamais je ne parlerai de questions de politique ou d’actualités !

Hélas, deux ans plus tard, je me parjure avec le terrorisme de proximité ! nos voisins chelous ou voilés ou barbus ou … vont-ils devenir des suspects  de proximité ? j’avoue regarder les jeunes gens manifestement de confession musulmane,  riant en allant à la piscine, et me demander s’ils seront les futurs terroristes de proximité ?

Comment faire, pour ne pas regarder de travers ces jeunes gens par ailleurs pleins de vie …ou alors faut-il accepter de s’interroger sur les sentiments troubles provoqués ?

Mes enfants ont sûrement la réponse, citoyens du monde, ils sont partis faire leurs études aux quatre coins d’Europe et l’un d’entre eux a même étudié l’Islam et le voile islamique, prémonitoire  à notre époque !

Alors je reste avec mes questions sans réponse me disant que nous sommes à l’orée d’un monde universel, d’un nouvel ordre mondial et que oui le terrorisme peut être de proximité sans que pour autant les jeunes gens soient inquiétés outre mesure, à cause de leur jeunesse même !

SARAHLOUP

LES ELFES DU TEMPS

 

les iles grecques;voyage;Méditerranée;échappées belles
LE CHEMIN BLEU Grèce

Souvent la nuit, je m’éveille et ils sont là.

Comme des anges blancs, des nuages évanescents, des rêves interlopes, un air de jazz dans la nuit. La lune s’enfuit, masquant sa nudité,  une présence bleue.

les elfes du temps 

Ne me demandez pas qui ils sont ni ce qu’ils sont, ils sont là . Ils ne me le disent pas, ne parlent pas, ne respirent pas pourtant, Ils choisissent l’aube brune ou le soir après minuit, ou ils se glissent dans l’interstice du jour, entre deux nuages, comme un clin d’oeil. Silhouettes pâles et transparentes, ils voyagent à mes côtés depuis que je suis toute petite, et souvent, très souvent ils peuplent mes nuits.

Ils m’ont amenée à écrire, ils me glissent leurs mots à l’oreille, il faut tendre l’oreille pour surprendre les mots lancés dans le vent ou la brise nocturne, et capter le sourire d’une étoile.

Aux  heures blêmes fraiches l’été, noires l’hiver, ils me tirent par le bras et me demandent de les accompagner. Ils me laissent en paix , dès qu’ils m’ont réveillée, ce qui m’a longtemps fait croire qu’ils détestent la solitude… comme moi. Je n’ai jamais cherché qui ils sont, j’aurais trop peur de les perdre.

Un jour où j’étais triste, ils sont venus m’accompagner, pour ne pas me laisser seule. Ils ont mis un doigt sur les lèvres et se sont éclipsés au petit matin. Ils sont les elfes du temps. Ils volent des heures au temps. Ils doivent être des ogres pour aller dérober à l’horloge douairière son précieux bien.

Le temps qui file et ne s’arrête pas, le temps où les hommes ne se regardent pas, ne pensent pas, ne rêvent pas,  occupés à faire en oubliant d’admirer les orages, l’été qui arrive, la mer qui gronde, l’enfant qui pleure, l’oiseau qui volète, le chat qui rôde, l’abeille qui bourdonne . Ils ont pour messagère l’araignée qui file sa toile avec leur rêves inédits.

Cette nuit, ils m’ont réveillée pour que je vous parle d’eux, et ils m’ont donné un poème pour que nous ne les oublions pas…

 

LES VOLEURS DE TEMPS

si j’ai pleuré

tu ne me l’as pas dit
mes rêves sont peuplés de strates interlopes
la valse des tortues et le rire des chats
je t’aime

 tout amour est démesure
jamais je ne saurai t’aimer aux temps jadis
tombent  tombent les larmes du ciel
les roses tristes tendent l’oreille au chant du rossignol
nous ne partirons plus écouter le rire d’une enfant
la main tendue et sa menotte ouverte
pour un rire du vent du sud ,

les larmes du temps
je partirais sur les routes

mon coeur en bandoulière

j’irai j’irai chercher

les voleurs de temps

SARAHLOUP

UN SOUPIR D’ÉTOILE

il veut que vous l'accompagniez
Venez écouter la pluie qui danse dans le vent

je te raconterai l’été
le chant des cigales et la nuit étoilée
je murmurerai à ton oreille le rêve des oiseaux-lyre
et des gouttes de pluie
je te raconterai le désir des roses au petit matin

Un jour nous partirons sur la poussière des chemins
Raconter à la lune la souffrance des hommes
Seuls tous les deux nous fermerons la porte
Sur la maison endormie
Le chant des sirènes guidera nos pas
Un jour les bruits des hommes s’arrêteront
à notre porte
Tu prendras ton manteau et tout autour de la terre
Tu iras par les chemins et les routes
Rencontrer la lune
Les étoiles te diront
Que les hommes ne vivent qu’un instant
Juste un soupir d’étoile
Dans le vent

SARAHLOUP

A RAPAHËL…

 

un si beau sourire
un jeune garçon illumine une journée de son sourire

Sur la photo, 14 ans à peine, il a un sourire d’ange.  Sur l’autre photo, dix ans plus tard,  Plane déjà l’ange maudit, blouson de cuir , lunettes noires, un verre à la main, en arrière plan.

Il est mort, aujourd’hui. Il avait un prénom d’archange, ou de peintre mais il n’a pas réussi à donner à sa vie les couleurs du monde. il s’est perdu dans les arrières plans, les paysages éthérés, les drogues et les paradis artificiels.

Trop jeune pour mourir, il n’a jamais pu faire les compromis de la vie. Je suis partie juste avant la fin de la messe et la sortie du cercueil. Dehors la petite place ruisselait sous le soleil. j’ai emprunté une ruelle pavée que je ne prends jamais , un boyau sombre débouchant sur l’étendue des quais et une rafale de vent a soulevé ma jupe.

Rapaël me souhaitait-il un bon voyage, lui qui s’en est allé, par delà le monde au dessus des nuages, essayait-il de se rappeler aux bons souvenirs des vivants ?

La musique, dans l’église, n’a pas assourdi la douleur de ton départ ! Aucune note, aucun poème ne peut rendre la douleur du départ d’un enfant.

Alors pour ceux qui ont à supporter cette épreuve, merci à tous ceux qui les y ont aidé, aux amis, au prêtre qui a trouvé les mots pour dire l’indicible d’une douleur immense.

Je préfère les mots et les images gravées dans les mots qui se dévoilent à ceux qui savent les lire !!

Que les parents endeuillés sentent l’amour qui relie les hommes et trouvent là un peu  d’apaisement . Que Rapahël qui fait maintenant partie de la beauté du monde sache nous dire parfois, en un rayon de soleil ou une rafale de vent, sa présence intangible.

SARAHLOUP

« Vous n’avez pas encore trouvé votre sujet ! »

Une fenêtre s'ouvre sur le mystère d'une chambre que l'on devine
Une fenêtre jaune sur un mur bleu, Ecrire est l’art de la vie

J’ai regardé ce week-end, The Danish Girl, dans ce film assez bouleversant concernant  la vie et les souffrances d’un transgenre, dans les années trente,  il y a une réplique d’un galiériste qui refuse de prendre les tableaux de Gerda :

« Vous n’avez pas encore trouvé votre sujet » !

Je me suis demandé si les romanciers eux aussi avaient un sujet de prédilection non pas à peindre mais à raconter ?

Oui et non ! oui parce que je pense qu’on écrit sur un tout petit nombre de sujets. Et que les sujets qui nous tiennent à coeur sont ceux qui ont à voir avec notre parcours de vie, et nos intérêts .

ET non, parce que je pense aussi que l’on devrait pouvoir trouver des sujets différents de ceux pour lesquels on est attirés de prime abord, et qu’il me semble que si on travaille on doit pouvoir élargir notre champ d’écriture .

Par exemple, je n’aime pas trop les romans historiques mais j’ai pris un grand plaisir à travailler à une histoire qui ressemble à Angélique Marquise des Anges, qui est une série que j’adore !

Mes sujets de prédilection sont le fantastique et l’enfance, plus précisément la fin de l’enfance, alors pourquoi pas une série fantastique, inspirée d’Angélique ?

Sarahloup

vous n’aurez pas ma haine !

Face au monde qui va être le témoin d’attentats sanglants, à Orlando et ailleurs

Face aux avions qui vont exploser au dessus de la mer, face à ceux qui s’habillent du voile des femmes pour cacher leur haine et leur désespoir, face à ceux qui pensent que les hommes peuvent tuer d’autres hommes aux noms d’idées désuètes et bancales,

Face à la haine et son cortège de larmes

il faut envoyer des mots, des avions de papier, des poèmes, des chansons d’enfants et des rires, de la joie,  du soleil et la vie…

la vie triomphera de la haine encore et toujours pour que vivent

les mots, la poésie, les chevaux, les plages , l’enfance, les rires, la joie, la fête, le vin les femmes , les robes légères, les talons hauts, l’amour , les villes, les nuits d’été

la légèreté

SARAHLOUP

ADIEU !

les iles grecques;voyage;Méditerranée;échappées belles
LE CHEMIN BLEU Grèce

Je vais pleurer, mais les larmes ne suffiront pas

Je vais rire, mais mon rire se brisera

Je vais parler, et mes mots s’évanouiront

Je vais écrire, mais l’encre s’effacera

Les nuages dans le ciel, fuiront à tire d’aile

L’été ne refleurira pas,

Les orages obscurciront l’azur

Ma bouche se flétrira,

Le vent tordra les arbres

Je regarderai la vie effacer les traces

Jusqu’à n’être plus

Que le murmure de l’eau

Le chant des cigales

L’infini des nuages

Le désenchantement

Alors le bleu du ciel refleurira

La fauvette me parlera de toi

De tes yeux, de ton rire, de ton regard

De la vie qui renait , de toi qui me regarde

Partir, loin loin au dessus des nuages

Au dessus de la vie, du temps qui passe

Du vent qui murmure aux étoiles les souvenirs du monde

Des hommes

Seul le vent du sud me racontera

ta vie,

ton monde,

ta voix emmêlée

Aux orages d’été et aux roses de mai

SARAHLOUP

UNE INQUIÉTANTE ETRANGETÉ !

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Au lieu de travailler sur mon prochain roman, je suis partie à Paris, ce week-end, petit détour mais grand séjour .

La seine est en crue et les touristes se pressent pour regarder passer le fleuve nonchalant qui pourrait bien sortir de son lit et venir lécher les pieds des parisiens, pour les réveiller de leur quotidien. Le zouave en perdrait son latin !

J’ai vu une exposition dérangeante au Musée du quai Branly : « Persona, étrangement humain », où l’inquiétante étrangeté de S. Freud s’incarne dans des objets bizarres  présentés, selon un parcours illustrant  les recherches du japonais Masahiro Mori.  » plus une créature artificielle a une forme humaine, plus elle crée de l’empathie, jusqu’à un certain point, où cela s’inverse et provoque de la répulsion et de l’effroi. Sa vallée de l’étrange, zone à franchir pour les humains,  rouge écarlate dans l’exposition, vaut le détour et illustre son franchissement. Selon sa théorie, et de manière condensée, plus un robot ou une création humaine s’approche de l’humain plus elle devient étrange jusqu’à ce que la frontière entre animé et inanimé devienne si ténue que la trop grande proximité alimente l’étrangeté de l’objet. La palme pour moi revient à ces boites en plastique blanc, où des yeux animés regardent le visiteur en clignant leurs paupières de plastique, et l’on se prend à frissonner, à penser qu’ils pourraient bien nous sauter dessus, comme les fantômes et autres esprits inquiétants qui hantent ce lieu , dominés par le chamanisme et le spiritisme du XIX ème jusqu’à nos jours .

Etrange vous avez dit étrange ?

« Et s’ils étaient vivants » serait le mot d’ordre de cette exposition à voir absolument, pour ceux dont je suis qui aiment frissonner, se faire peur, et voyager dans le temps et les découvertes humaines .

Une autre exposition à ne pas manquer, pour les parisiens et autres :

Celle proposée actuellement à la fondation Louis Vuitton : les peintres chinois contemporains, Ai Weiwei, Huang Young Ping,Zhang Huan et autres et surtout la gigantesque statue en première salle, la chamane géante en peaux de bêtes, sublime de vérité, incroyable de réalité. Une mère gigantesque dont on ne sait si elle est endormie ou morte, sorcière ou chamane, bienfaisante ou malveillante;  elle porte un curieux enfant noir sur son dos,  à l’effigie de l’artiste, mort ou vivant on ne sait pas. La taille impressionnante et les matériaux confèrent à l’oeuvre une saisissante  primarité. Le mélange des peaux de bête et la douceur des traits frappent le visiteur de leur paradoxe monstrueux. C’est magique et fabuleux de beauté et d’étrangeté ! Beaucoup d’oeuvres cinématographiques, de statues géantes et colorées, l’arbre d’Ai Weiwei, reste un peu en deçà de ses habituelles et aériennes productions .

300 oeuvres exposées dans l’écrin blanc du musée, ouvert récemment.

Le sublime bâtiment réalisé par Frank Géhry, architecte génial , pose son vaisseau caravelle toutes voiles colorées par Buren, dehors , sur la forêt d’arbres du Bois de Boulogne  en toile de fond . Le quartier de la défense émergeant de la brume, inhabituelle en cette saison, depuis la terrasse Est, vaut le détour, là encore :

Paris magique , Paris magnifique, éternel malgré la pluie insistante .

Une pièce , le soir, au Théâtre de la Colline, « Nécessaire et Urgent », de Annie Zadek, âmes sensibles s’abstenir, les autres courrez-y :  Lente litanie funèbre, 524 questions en une heure, voyage halluciné au pays des ombres. Les disparus de la Shoah reviennent en un questionnement dérangeant,  porté par deux comédiens géniaux et une mise en scène époustouflante. Supportée par un cube blanc et une plastique venue d’ailleurs, du passé ou du pays des morts , on ne sait , 524 questions percutent le spectateur, en un angoissant silence , et un questionnement qui résonne, très longtemps après dans la nuit, et hantent nos rêves et notre mémoire.

On pourrait se demander si le théâtre, qui m’a toujours paru être un art cru, direct et à la propriété percutante et singulière, ne serait pas le plus premier des arts, est à voir urgemment, au nom de tous les disparus de la shoah mais au nom aussi de tous ceux qui disparaissent sous nos yeux actuellement  !

SARAHLOUP

EN ETAT D’AILLEURS !

Ce matin, sur France Inter, Julie Depardieu parlait se son frère en passant cette chanson : « les mots samouraïs « , alors je me suis demandé pourquoi j’aime surtout écrire en état d’ailleurs ?

De préférence dans un non lieu, un lieu inconnu, neutre, un ailleurs, sans souvenir sans habitude, dépouillé, dépossédé de tout, qui si on attend un peu,  laisse passer l’âme !

Est-ce parce que les mots sont autant de ponts vers le passé ou le futur, que les mots habitent les échelles de corde vers les autres, ou des ballons vers l’enfance ?

Ou parce que souvent j’ai fait l’expérience étrange de passer à côté de quelqu’un que je connais, de me dire qu’il ou elle ne va pas me reconnaitre, de fermer les yeux et… cette personne se tourne vers moi, me regarde et se détourne.. sans m’avoir vue ! Quand j’étais petite j’appelais ça « être invisible », j’étais super forte à ce jeu là, je m’y suis souvent brulé les ailes car je disparaissais des journées entières, cachée, invisible,  dans des ailleurs improbables, des maisons inhabitées ou habitées, des jardins, des herbes des champs, des branches d’arbres, des forets . j’ai eu une enfance libre je ne l’oublierai jamais !

Ma cachette préférée reste au milieu de la foule, les gens passent et ne regardent pas, j’adore ! et moi je veille !

Ecrire c’est un peu ça, se cacher avec les mots. Des mots samouraïs pour Guillaume Depardieu, des mots-labyrinthe pour moi, parce que j’aime bien y perdre mes lecteurs parfois, pour qu’ils veulent bien me rejoindre,  des mots-elfes ou des mots-fées, des mots tout faits, ou des mots tout faux, des mots sur le toi, le moi, le nous, aussi, mais des mots magiques assurément !

Les mots sont magiques de toute façon !

Bonne journée

Sarahloup

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